Écho de l’Évangile : Au détour d’une promenade dans les vignes

A propos de Jean 15, 1 – 8

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de me promener, par un petit matin glacial, dans une propriété viticole de Champagne. Si tôt matin, je n’étais pas seule. Le propriétaire des vignes travaillait le sécateur à la main. J’ai observé son travail avec curiosité et j’ai vu qu’il taillait allègrement chaque vigne : il ne laissait qu’une branche, promesse de fruits, une seule branche qui prendrait toute la force du pied de vigne pour assurer la récolte. Alors, j’ai un peu mieux compris, le discours de Jésus sur la vigne, ce beau texte qui nous est proposé ce dimanche.

J’ai compris la force des images puisées dans le quotidien de la vie de Jésus et des apôtres. Ces images sont moins parlantes pour nous qui sommes originaires d’une région herbagère ! En regardant le vigneron travailler, j’ai compris l’importance du Père et le soin qu’Il prodigue à chaque sarment, à chaque homme. J’ai vu la place vitale du pied de vigne, souvent vieux, tortueux, profondément enraciné dans la terre caillouteuse ou rugueuse, mais de qui part la sève, la force de vie. « Je suis la vraie vigne » nous dit le Christ.

J’ai laissé résonner en moi les mots « demeurer en », cités huit fois dans le texte, bien plus forts que « habiter avec » ou « héberger chez ». J’ai découvert leur beauté. Ces mots nous révèlent la force du lien avec le Christ dans une réciprocité inouïe. « Demeurez en moi comme moi en vous » nous dit-Il. C’est l’accueil de ces mots, mais au-delà d’eux de cette réalité de communion qui nous attache à la vigne.

J’ai compris qu’un seul coup de sécateur pouvait nous détacher du Père et du Christ et que les sarments coupés de leur source ne peuvent vivre.

J’ai lu dans le texte que pour rester attaché à la vigne, il faut accueillir sa Parole et que c’est la condition pour porter du fruit. J’ai compris que sa Parole véhicule la sève, la force de vie et que seul compte pour le Père, comme pour le vigneron, les fruits à venir. J’ai enfin réalisé que les sarments qui portent du fruit ne font que déployer le meilleur d’eux-mêmes dans un don naturel et gratuit. Les paroles de Jésus nous révèlent la force vitale du lien d’amour avec Lui et son Père et elles nous invitent, nourris de cette sève, à porter à notre tour des fruits d’amour.

J’ai enfin rendu grâce pour toutes ces découvertes au détour d’une promenade dans les vignes par un petit matin glacial.

Dominique Olivier, op

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