Témoignage : Servir la Vérité dans nos engagements et milieu de vie

Neuvaine à l’Esprit-Saint, Cathédrale de Namur, samedi 16 mai 2015
Servir la Vérité au sein de l’aumônerie hospitalière
Mme Hedwige Lambert-Rezsohazy, op

1) Quand on souffre, tout le verni que se construit une personne part, les masques tombent. D’abord extérieurement le malade est en pyjama, souvent son corps est déformé, il dépend de machines et des autres pour se soigner. Le malade est faible, fragile physiquement et parfois psychologiquement. Le malade n’a pas besoin de se dépouiller pour rencontrer l’autre, il est déjà nu. Pas de faux semblant ils sont dans la relation vraie. Rencontrer les hommes en souffrance est un chemin vers Dieu. Ce sont eux qui sont lumières pour moi, eux qui sont le visage de Jésus. Ils m’invitent à me dépouiller et reconnaître ma propre fragilité.

La relation est alors simple, sans fioritures, on se livre facilement en toute liberté. La rencontre est plus profonde, elle va plus loin que l’ordinaire.

Pour saint Luc, il est clair que le pauvre est déjà dans le royaume de Dieu. Contrairement, le riche porte en lui un obstacle majeur à l’ouverture car il est attaché à lui par son avoir.

2) Maurice Zundel nous dit :

« C’est la qualité de nos rapports avec les autres qui constitue le seul critère de l’authenticité de nos rapports avec Dieu. Les personnes bonnes sont joyeuses, la joie et le signe de leur bonté. Il se révèle alors un monde merveilleux, où, délivré de nous-mêmes, nous connaissons la paix intérieure. »

C’est Nietzsche qui estimait que les chrétiens devraient davantage avoir l’air d’être sauvés.

Le Christ nous dit qu’en chaque homme souffrant, c’est vraiment Lui qui est rencontré. Jésus est là, dans le malade que j’accompagne. Il est aussi présent qu’il y a deux mille ans sur les routes de Palestine. Faire un chemin avec eux est donc un privilège plus qu’un service.

3) Dans notre monde, la fragilité n’a pas bonne presse .Tout autour de nous valorise la force et la puissance. Nous savons pourtant que ces moyens-là sont de peu de poids pour le témoignage évangélique. Plus on est équipé, plus il est difficile de s’effacer devant Celui dont on prétend porter le message. Ainsi Jésus choisis souvent pour te servir des personnalités fragiles et démunies.

4) Comment accueillir la détresse de l’autre ? Etre attentif au malade, être présent.

Écoutons Job, c’est le cri de l’homme souffrant :

« Pourquoi donc les méchants restent-ils en vie? Pourquoi leur vie s’achève-t-elle dans le bonheur? Eux pourtant disent à Dieu: connaître ton désir ne nous intéresse pas! Ils n’ont que faire de toi et ils sont florissants… »

Plus loin dans le livre :

« Quant à vous qui cherchez à me dire de belles paroles, vous n’êtes que des charlatans : apprenez à vous taire ! »

Dans les chapitres 12 à 14 Et 16-17, il est dit :

« Vous vous moquez de Dieu en cherchant à le défendre par un langage injuste et mensonger et partial. Ce ne sont que des leçons apprises, ce sont des paroles en l’air, mille fois entendues, qui ne consolent pas. Faites silence, écoutez, écoutez mes paroles, prêtez l’oreille, mais vous tairez-vous enfin. »

Nous savons que Job affirmera sa foi en Dieu, Dieu n’est pas la cause de ma souffrance, mais le cri, je l’entends tous les jours !

Quelle attitude de vérité avoir ? Dans la première lettre de saint Jean 3,18, il est dit :

« Petits enfants, n’aimons pas en parole ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité,… »

5) Servir la Vérité, c’est servir la vie. Aujourd’hui dans notre pays où on a dépénalisé l’euthanasie, il n’est pas aisé de témoigner que nous ne sommes pas les maîtres de la Vie et de la mort.
Jésus ne supporte pas les demi-vérités, il ne juge pas mais rappelle la loi qui fait vivre « tu ne tueras pas ».

6) Pour conclure : « servir la Vérité » doit se vivre dans nos foyers, nos familles.

Être témoins du Christ ressuscité, témoins de la Vie, de la Vérité, n’est possible que grâce à l’Esprit.

Le devoir d’état est le premier car il a une influence sur toutes nos autres relations. Comme maman, c’est là aussi la présence, l’écoute aimante, l’attention qui vérifie ce qu’on est. Vivre de cette vérité nous rend libre et rend libre les enfants et le conjoint.

 

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