Écho de l’Évangile : Indispensable désert

Bedouin Pair galerie Flickr de Kostas Kokkinos

A propos de Luc 3, 1-6

L’Évangile de ce dimanche commence comme un cours d’histoire. Luc situe un événement géographiquement et historiquement de façon précise : date, lieu, responsables politiques et religieux, identité du protagoniste. De quoi nous faire comprendre l’importance et la réalité de ce qui arrive et couper l’herbe sous le pied aux futurs négationnistes.

L’événement annoncé est, somme toute, assez anodin dans l’histoire du peuple juif, truffée de prophètes : un homme parle dans le désert au nom de Dieu. Mais cet homme n’est pas n’importe qui. Luc met dans sa bouche les paroles du prophète Isaïe. Il nous montre ainsi l’importance de cet homme qui rassemble en lui la parole des anciens pour annoncer le futur. Il est le trait d’union entre le passé et l’à-venir. L’histoire est en marche et nous concerne toujours. Le spot est allumé sur l’arrivée du Seigneur dans notre humanité.

Cet homme crie dans le désert. Où est notre désert, ce lieu où la vie est réduite à l’essentiel ? Dans le désert du Sinaï, on marche avec peu de choses, son sac et ses compagnons. Pas de vie et de survie sans la solidarité du groupe. Le désencombrement entraîne la solidarité et permet de regarder, d’écouter et d’accueillir l’autre et l’inattendu de la Vie. Ce sont les chemins du tout-Autre, les voies de Dieu. Si nous voulons son appel, peut-être avons-nous à recréer les conditions du désert pour permettre l’irruption de Dieu dans nos vies. Il nous faut créer le vide en nous pour percevoir la petite musique de l’amour, le murmure de l’Invisible. Le plus souvent, nos têtes et nos cœurs sont remplis de soucis, de craintes, d’énervements. Nous sommes pré-occupés avant d’être occupé tout court. Il faut se désencombrer pour accueillir.

Dans le désert, la parole de Dieu fut adressée à Jean et c’est en fait l’évènement majeur de ce texte. Luc nous parle des actions de Jean à cette époque mais ses faits et gestes trouvent leur fondement dans la parole de Dieu qui lui fut adressée. Dieu parle et Dieu parle pour tous : « tout être vivant verra le salut de Dieu ». Le croyons-nous encore ? Il nous demande de l’entendre, de l’accueillir et cela devrait suffire. Comme pour Jean, cela peut transformer nos vies et nous tourner vers l’essentiel. Et quand on est rempli du Seigneur, on ne peut le garder pour soi. On devient à son tour des Jean-Baptiste qui annoncent Celui qui vient, pour que cette parole devienne réalité : je crois que mon sauveur est né !

Dominique Olivier, op

[PhotoCC]

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