Écho de l’Évangile : Un Dieu qui « danse » !

Danse J 07, galerie Flickr de Duc

A propos de Luc 15 1-3.11-32

Il y a dans les récits évangéliques, et singulièrement dans les paraboles, une force d’évocation que ne renierait pas le cinéma de court métrage. En quelques mots le réalisateur plante le décor et y place quelques personnages tellement typés que le spectateur se passe volontiers de longues descriptions pour se les représenter. Puis, tel un horloger actionnant d’une pichenette un balancier, le cinéaste introduit le léger déséquilibre qui va mettre en branle tout ce petit monde. Silence on tourne !

« Un homme avait deux fils… », le plus jeune lui demande la part d’héritage qui lui revient et s’en va dans un pays lointain où il gaspille dans une vie de débauche l’entièreté de sa fortune, puis revient à la maison, ruiné, affamé et contrit. L’aîné est certes demeuré fidèle à servir son père, mais il est incapable de partager la miséricorde de celui-ci.

Au terme d’une vision un peu superficielle, selon les aléas de notre histoire intime, nous nous identifierons sans doute à l’un ou l’autre de ces deux fils en réduisant ainsi ce film à un conte moral exhortant à la conversion et au repentir. Trop centrés sur nous-même, nous négligeons un troisième personnage auquel les mouvements de caméra nous ramènent pourtant sans cesse, le Père. C’est de Lui dont nous parle l’histoire. Un Père respectueux de la liberté de ses enfants, un Père patient et aimant, un Père qui « danse », fou de joie, au moment des retrouvailles.

Entre « Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. » et « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. » le fils prodigue n’a jamais douté de cette paternité sans quoi il n’aurait pas trouvé la force de revenir à la maison familiale et serait probablement mort égorgé dans une ruelle sordide.

Le frère aîné, quant à lui, n’utilise jamais le mot « père », il semble se considérer comme un domestique : « Il y a tant d’années que je suis à ton service sans jamais avoir désobéi à tes ordres ». N’étant pas vraiment fils peut-il comprendre l’attitude d’un père et, a fortiori, lui faire confiance ? Jaloux et amer, il refuse d’ouvrir à son cadet un avenir sous le même toit que lui. Semblable aux pharisiens, il écrase la faiblesse sous le poids de la loi.

Dans la parabole du fils prodigue comme d’ailleurs dans celle de la brebis perdue ou encore celle de la drachme perdue nous découvrons un Dieu Père dont la joie est à son comble quand nous entrons dans son projet de réconciliation. Se découvrir inconditionnellement aimés, malgré nos fautes et nos faiblesses, est une expérience fondatrice dans toute vie chrétienne, une expérience qui nous donne liberté et audace et que nous ne pouvons que partager en devenant signes de la miséricorde de Dieu pour tous les hommes.

Ludovic Namurois, op

[PhotoCC]
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