Écho de l’Évangile : Deux mille ans et des poussières après Lui

A propos de Luc 9, 18-24

Jésus demande à ses disciples « Pour vous qui suis-je ? ». Cette question, vielle de deux mille ans et des poussières, résonne encore à nos oreilles. Qui est vraiment Jésus ? A l’échelle de l’histoire de l’humanité, la naissance et la mort de l’homme de Nazareth, nommé Jésus, sont des évènements minuscules et pourtant le retentissement de sa venue a changé l’histoire du monde. Nul ne peut contester l’importance du christianisme malgré les dérives de certaines périodes.

Jésus pose cette question à ses disciples comme s’Il savait que la réponse n’était pas évidente pour eux qui pourtant le connaissent bien. Que dire pour nous, deux mille ans et des poussières après? La question de l’identité réelle du Christ est fondamentale pour notre foi. A l’époque comme maintenant, la réponse à cette question peut déterminer l’orientation de toute une vie. C’est bien de cela qu’il s’agit pour les disciples et pour nous.

Suite à l’interpellation de Jésus, Pierre prend la parole directement : « Tu es le Messie ». Par sa réponse, Pierre se situe dans la droite ligne du peuple hébreu qui attend l’envoyé de Dieu. Bonne réponse, a-t-on envie de dire. Pas tout à fait. Jésus prend la réponse mais explique le sens du Messie : Il ne sera pas un Messie triomphant mais un Messie souffrant. Difficile à comprendre pour les disciples. Avec le recul de deux mille ans et des poussières, nous pouvons percevoir dans les paroles et les actes de Jésus, qu’Il vient faire éclater le carcan de la religion de son temps pour donner l’amour de Dieu au monde entier. Il ne vient pas abolir mais accomplir. Mais cette évolution fondamentale ne se fera pas sans mal. Jésus a compris qu’il y aura un prix à payer, le prix de sa vie. Il a aussi compris que Dieu ne le laisserait pas tomber et que sa mort serait la preuve de la victoire de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort.

En fait, Jésus explique tout son programme de vie. Avec un tel projet, Le suivre implique une adhésion en profondeur. Il n’a pas envie de moutons mais d’hommes libres qui choisissent en connaissance de cause : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour et qu’il me suive ». Chaque expression mérite d’être éclairée. Pour suive le Christ, il faut oser aller à contre courant des idées reçues, oser se compromettre pour davantage de dignité humaine. Depuis deux mille ans et des poussières, il y a ceux qui accumulent les « plus », plus d’argent, d’amis, de plaisir et ceux qui collectionnent les « moins », sans emploi, sans domicile, sans propreté, sans considération, sans famille. Pour suivre le Christ, ne faut-il pas trouver dans l’avenir d’autrui, un moteur plus puissant que les avantages liés à sa personne ? N’est-ce pas cela se renier, renoncer à soi-même et œuvrer tous les jours en prenant les difficultés à bras le corps, en prenant sa croix ? Aujourd’hui, si nous sommes chrétiens, en faveur de qui allons-nous nous engager pour réussir notre vie à la manière de Jésus ? Oui, vraiment, deux mille ans et des poussières après Lui, les jardins d’Israël frémissent encore de son passage et nous pouvons choisir cette onde d’amour pour porter nos vies.

Dominique Olivier

Posté dans Apostolat
Tags : , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*