Archives mensuelles : février 2016

La miséricorde en musique : 2. Magnificat

Magnificat, galerie Flickr de Lawrence OP

« La Visitation », mosaïque de la Basilique du Rosaire à Lourdes (Galerie Flickr de Lawrence OP)

Le mois passé, différents Stabat Mater tout au long de l’histoire de la musique vous ont été proposés. Mais, parlant de miséricorde, c’est-à-dire miseris cor dare donner le coeur à ceux qui en ont besoin, il y a aussi l’un des trois cantiques évangéliques mis en musique par de nombreux compositeurs, le Magnificat (Luc I, 46-55).

Ici aussi la miséricorde de Dieu est bien présente, spécialement dans le deuxième verset (“Il s’est penché sur son humble servante; désormais, tous les âges me diront bienheureuse”) et dans le quatrième, que l’on peut traduire par : “Sa miséricorde se répand de génération en génération sur ceux qui le craignent”.

Ce texte a occupé une place importante dans la liturgie dès le début de la chrétienté. Le Magnificat y était placé à la fin de l’office du soir (Vêpres). Au Moyen-âge, le Magnificat était chanté en grégorien mais, avec le développement de la polyphonie, des arrangements polyphoniques furent aussi composés. A la Renaissance, la polyphonie était chantée a cappella. Roland de Lassus composa une centaine de Magnificat et Palestrina une trentaine.

Au 17è siècle, avec le début du baroque, la polyphonie devenue de plus en plus complexe fit place à une “seconda pratiqua”, style concertato ou monodie accompagnée. Les “Vêpres de la sainte vierge” (1610) de Claudio Monteverdi, à la fin desquelles il y a un splendide Magnificat, en sont le témoin (René Jacobs chez Harmonia Mundi Gold, ou J.E. Gardiner chez Archiv).

Après avoir cité les Magnificat de Dunstable, Dufay, Binchois et Schütz, et au 18è siècle le prédécesseur de Bach à Leipzig, Johann Kuhnau, et Jan Dismas Zelenka, voici Antonio Vivaldi. Son remarquable Magnificat est relativement court, avec un “Et misericordia” superbe, dans la veine du deuxième verset de son célèbre Gloria (“Et paix sur la terre…”). A écouter ! L’œuvre résiste même aux versions romantiques, mais on préfère cependant les versions baroques, par exemple celle de Rinaldo Allessandrini chez Opus 111/Naïve.

Il faut s’arrêter sur le plus beau et le plus connu des Magnificat, celui de Jean Sébastien Bach. Ecrit pour la Noël 1723, puis profondément révisé dix ans plus tard, c’est l’un des grands arrangements de textes cérémoniels traditionnels du rite luthérien et l’une des plus belles oeuvres du kantor de Leipzig. Il est écrit pour choeur à cinq voix, deux flûtes, deux hautbois, trois trombones, timbales, cordes et continuo (selon les chefs, viole de gambe ou violoncelle, contrebasse, basson, orgue ou clavecin). Un splendide solo de hautbois introduit le chant soliste de la soprano et l’accompagne tout au long du deuxième verset. Pour “Toutes les générations …” le chœur chante en canon pour symboliser la foule en une polyphonie nerveuse. Quant au quatrième verset, “Sa miséricorde s’étend d’âge en âge”, Bach s’épanche en une musique mélancolique proche de ses passions, avec deux solistes, alto et ténor (nous conseillons Jordi Savall chez Alia Vox ou Masaaki Suzuki chez Bis. Nous déconseillons la vision romantique de Karajan chez DG).

Au 19è siècle, citons Schubert, dont ce n’est pas la meilleure oeuvre, et pour le début du 20è siècle, l’anglais Ralph Vaughan Williams. Plus près de nous, il y a le polonais Krystof Penderecki. Son Magnificat de 1974 fait partie des grands oratorios avec lesquels il est devenu célèbre. Insistons pour clore ce bref panorama sur les Magnificat des orthodoxes John Tavener (britanique décédé en 2013) et de l’estonien Arvo Pärt (1989), deux chef-d’œuvres qui offrent à l’âme apaisement et réconfort dans le monde d’aujourd’hui (John Tavener chez Hyperion ou chez Naxos, et Arvo Pärt par Theatre of Voices chez Harmonia Mundi).
cantiquz

Dominique Lawalrée, op

Article initialement destiné à la revue Pastoralia de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles (04/2016).


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La liberté d’expression est-elle sans limite ?

Une conférence de frère Ignace Berten, op

Couverture Charlie HebdoSuite au massacre de toute une partie de l’équipe de rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, beaucoup de questions ont été posées concernant la liberté d’expression. Peut-on tout dire dans les paroles ou dans les images ? Ces questions continuent à être présentes et débattues. À ce sujet, en simplifiant, deux tendances s’expriment. Pour la première, dans une société démocratique et d’État de droit, tout est permis sauf ce qui est explicitement interdit par la loi, et il en va ainsi pour la liberté d’expression. On ne peut donc en aucun cas limiter celle-ci si ce n’est pas illégal. Liberté d’expression et liberté de presse doivent donc être défendues inconditionnellement dans le cadre de la légalité. C’est en gros la position officielle, en Belgique, du CAL. Pour la seconde tendance, ce critère est évidemment déterminant, mais il y en a un autre complémentaire qui est celui de la responsabilité citoyenne et politique et de la responsabilité éthique, responsabilité qui peut nuancer la liberté d’expression. Tous trois, à partir d’horizons différents, nous nous situons sur cette seconde ligne. Notre soirée ne consistera pas en un débat contradictoire entre nous, bien que chacune et chacun nous nous exprimons à partir de notre horizon convictionnel propre. La contradiction peut éventuellement être portée par la salle dans le débat qui suivra.

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« La chair délivrée » – Maurice Bellet

Maurice Bellet - La Chair délivréeA l’heure des deux synodes sur la famille, Maurice Bellet, psychanaliste, théologien et philosophe, réfléchissait sur les chrétiens et la sexualité. Un ouvrage vient de paraître qui nous en livre sa pensée. Il commence par nous rappeler le malaise, le divorce même, entre les positions de l’Eglise en matière de morale sexuelle et les fidèles. Il fait un parallèle intéressant entre cette crise et la crise de l’exégèse (foi et raison) qui, à la fin du 19e siècle, a duré cinquante ans, jusqu’à la publication de l’Encyclique Divina afflante spiritu de Pie XII (1949). Comme précédemment, on se bloque sur la chose plutôt que sur la relation.

En repartant de l’Écriture, l’auteur nous propose d’aborder la sexualité autrement que par une opposition entre le permis et le défendu. Il déplace l’accent vers la relation entre l’homme et la femme en tant qu’être humain de relation, de parole et de désir. Ce qui est clairement défendu, c’est le meurtre ; et celui-ci n’est pas seulement corporel.

A lire et à relire pour comprendre pleinement la pensée de l’auteur.

160p., chez Bayard, 2015. ISBN 978-2-227-48832-8

Dominique Lawalrée, op


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Anselm Grün, « Le Ciel commence en toi »

Anselm Gün - Le Ciel commence en toi - CouvertureAnselm GRÜN, LE CIEL COMMENCE EN TOI, La sagesse des pères du désert pour aujourd’hui, Editions Salvator, 2013, 156 pages, 16,50 €

Les Pères du désert nous permettent de retrouver l’accès à la spiritualité en ne la réduisant pas à des principes moralisateurs. La voie qu’ils nous indiquent permet d’ouvrir notre coeur afin que la « présence de Dieu s’y développe ».

 

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