Archives mensuelles : mars 2016

« Éveille-toi, ô toi qui dors ! »

« Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »

Office des Ténèbres du Samedi Saint en famille dominicaine au Couvent Fra Angelico de Louvain-la-Neuve.


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Écho de l’Évangile : Bonne montée vers Pâques !

A propos de Luc 19, 28-40

En ce dimanche de fête, je ne peux m’empêcher de penser à cet autre dimanche de rameaux, en 2014, à Casablanca. Les hasards de la vie pour les non-croyants, la providence pour moi m’avait conduite à participer à un voyage interreligieux au Maroc. Le but de ce voyage était de découvrir la façon spécifique dont le Maroc gère le champ religieux. Il s’agissait d’aller à la rencontre des différentes communautés implantées là-bas, mais aussi de vivre ce type d’échanges au quotidien puisque le groupe était constitué d’une bonne quarantaine de belges musulmans, chrétiens et juifs. Même si je me suis embarquée dans ce voyage un peu à la dernière minute, j’étais certaine de saisir une opportunité qui rejoignait mon désir profond de rencontre au carrefour des trois grandes religions qui me tiennent à cœur. Et je ne fus pas déçue ! Le dimanche des rameaux vécu à Casablanca en fut la plus belle preuve.

Tout au long du voyage, nous avons appris à nous apprivoiser dans ce qui nous touchait au plus profond, notre foi respective. Les visites des lieux de culte des différentes religions représentées nous ont permis de mieux saisir la réalité priante de chacun. Le dimanche des rameaux était notre dernier jour et c’est tout naturellement que nous avons invité nos amis musulmans et juifs à nous accompagner. Leur acceptation nous a permis de vivre un moment de grâce. Après l’accueil joyeux de la communauté paroissiale multiculturelle, remplie d’enfants et de familles, nous avons écouté côte à côte l’évangile du dimanche des rameaux et la lecture de la Passion. Dans le recueillement partagé, j’ai mesuré le chemin parcouru en une semaine. Oui, là, je pense que nous avons prié les uns pour les autres.

Deux ans après, l’actualité mondiale brûlante et violente nous montre tous les jours l’urgence de l’apprentissage du bien vivre ensemble. N’est-ce pas, en résumé, tout ce que Jésus a essayé de dire toute sa vie ? Les textes de ce dimanche des rameaux nous introduisent à la semaine sainte et à la fête de Pâques. Nous y passons de la fête de la vie, de l’affirmation de l’amour et de la paix à la violence d’une exécution injuste et à la mort. La fête des Rameaux inaugure, une nouvelle manière d’être ensemble, de « faire royaume » pour que chaque personne, chaque peuple ait un avenir. Pas facile de construire ensemble quand nos pauvres mains sont tremblantes de préjugés. Mais nous pouvons nous appuyer sur la présence du Ressuscité, pour que ces prémices deviennent, dans nos mains, réalité.

Bonne montée vers Pâques !

Dominique Olivier, op


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Écho de l’Évangile : Un Dieu qui « danse » !

Danse J 07, galerie Flickr de Duc

A propos de Luc 15 1-3.11-32

Il y a dans les récits évangéliques, et singulièrement dans les paraboles, une force d’évocation que ne renierait pas le cinéma de court métrage. En quelques mots le réalisateur plante le décor et y place quelques personnages tellement typés que le spectateur se passe volontiers de longues descriptions pour se les représenter. Puis, tel un horloger actionnant d’une pichenette un balancier, le cinéaste introduit le léger déséquilibre qui va mettre en branle tout ce petit monde. Silence on tourne !

« Un homme avait deux fils… », le plus jeune lui demande la part d’héritage qui lui revient et s’en va dans un pays lointain où il gaspille dans une vie de débauche l’entièreté de sa fortune, puis revient à la maison, ruiné, affamé et contrit. L’aîné est certes demeuré fidèle à servir son père, mais il est incapable de partager la miséricorde de celui-ci.

Au terme d’une vision un peu superficielle, selon les aléas de notre histoire intime, nous nous identifierons sans doute à l’un ou l’autre de ces deux fils en réduisant ainsi ce film à un conte moral exhortant à la conversion et au repentir. Trop centrés sur nous-même, nous négligeons un troisième personnage auquel les mouvements de caméra nous ramènent pourtant sans cesse, le Père. C’est de Lui dont nous parle l’histoire. Un Père respectueux de la liberté de ses enfants, un Père patient et aimant, un Père qui « danse », fou de joie, au moment des retrouvailles.

Entre « Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. » et « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. » le fils prodigue n’a jamais douté de cette paternité sans quoi il n’aurait pas trouvé la force de revenir à la maison familiale et serait probablement mort égorgé dans une ruelle sordide.

Le frère aîné, quant à lui, n’utilise jamais le mot « père », il semble se considérer comme un domestique : « Il y a tant d’années que je suis à ton service sans jamais avoir désobéi à tes ordres ». N’étant pas vraiment fils peut-il comprendre l’attitude d’un père et, a fortiori, lui faire confiance ? Jaloux et amer, il refuse d’ouvrir à son cadet un avenir sous le même toit que lui. Semblable aux pharisiens, il écrase la faiblesse sous le poids de la loi.

Dans la parabole du fils prodigue comme d’ailleurs dans celle de la brebis perdue ou encore celle de la drachme perdue nous découvrons un Dieu Père dont la joie est à son comble quand nous entrons dans son projet de réconciliation. Se découvrir inconditionnellement aimés, malgré nos fautes et nos faiblesses, est une expérience fondatrice dans toute vie chrétienne, une expérience qui nous donne liberté et audace et que nous ne pouvons que partager en devenant signes de la miséricorde de Dieu pour tous les hommes.

Ludovic Namurois, op

[PhotoCC]

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