Archives mensuelles : septembre 2017

Les Sonates du Rosaire

Miniature de la partition des Somates du Rosaire de Heinrich Biber

Aujourd’hui, je vous propose d’écouter les exceptionnelles Sonates du Rosaire d’Henrich BIBER (1644 – 1704), un compositeur né en Bohème, et qui doit à ce chef-d’oeuvre de n’avoir jamais été complètement oublié.

Il s’agit d’un ensemble comprenant 15 sonates et 1 passacaille, ce qui correspond aux deux séries de 16 tableaux qui se trouvent dans la salle de la confrérie du rosaire de Salzbourg (salle qui existe encore). C’est en effet à destination de cette ancienne confrérie que Biber travailla à cette œuvre, terminée en 1676, durant une dizaine d’années. Il était alors employé à la cour du Prince-Archevêque Gandolph von Kuenberg.

De son vivant, c’est en tant que violoniste virtuose que Biber était connu, et il fut même anobli en 1690. Il est l’auteur de plusieurs messes (dont une “Messe Bruxellsis”), d’un Requiem, de trois opéras et de musiques de chambre. Le manuscrit des Sonates du Rosaire se trouve à la bibliothèque du Land de Bavière, mais il manque la couverture sur laquelle était mentionnée l’instrumentation de la basse continue (l’accompagnement du violon). C’est pourquoi il y a de grandes différences d’instrumentation entre les versions discographiques : chacun y va de ses suppositions, ses commentaires et ses justifications.

Dans ces sonates qui combinent invention et virtuosité, la construction suit un plan, habituel à l’époque, de suites de danses profanes, parmi lesquelles on peut trouver selon les sonates un prélude, une allemande, une courante, une gigue, une sarabande, une gavotte, un aria. Mais le tour de force de Biber a été d’en faire une musique “représentative”, c’est-à-dire qui décrit le contenu de chaque Mystère. En y prêtant attention, on entend la Crucifixion ou la Résurrection, pour prendre deux exemples. Afin de rendre la musique plus expressive, Biber change l’accord du violon (scordattura) à chaque sonate, ce qui change la couleur des sonorités. Ainsi les Mystères douloureux et, plus audacieux, les Glorieux, ce qui lui permet par exemple de faire des effets de trompette dans l’Ascension, mais aussi d’augmenter la brillance du violon dans la Visitation ou d’en assourdir la résonance pour l’Agonie. Ces exemples suffisent pour comprendre qu’il s’agit d’une oeuvre particulière et unique, certes longue (130 minutes, mais découpée en petites parties), d’une beauté inouïe et qui peut servir de méditation ou de support à notre prière.

Il en existe plusieurs versions discographiques, mais plusieurs ont disparu des catalogues. Selon moi, la meilleure version est celle de John Holloway avec David Moroney et Tragicomedia. Elle date de 1991. Editée chez Virgin, puis rééditée au début des années 10, elle est aujourd’hui devenue rare, car Virgin a disparu. On peut néanmoins l’écouter sur Youtube.

Dominique Lawalrée, OP


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Notre Père qui es sur la terre… – José Tolentino Mendonça

Notre Père qui es sur la terre... - José Talentino MendonçaC’est un livre à lire et à méditer absolument. L’auteur crée un espace de poésie de culture et d’humanité qui éveille à la proximité inattendue de Dieu et nous aide à a à faire de notre vie un incessant et interminable Notre Père. C’est une réflexion très spirituelle mais accessible à tous.

Quelle approche originale proposée par Mendonça, une des voix originales et dynamisantes du peuple chrétien d’aujourd’hui !

Prenez un vrai bain de jouvence spirituel et naviguez, volez, émerveillez-vous, en sachant qu’après avoir lu et relu ce livre, Notre Père sera devenu pour vous quelqu’un de différent.

Notre Père qui est sur la terre, J.T. Mendonça, Novalis, CERF, 2013, 153 pages, 18 €

Michel Linder, OP


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