Archives mensuelles : novembre 2017

Le mystère du Requiem de Mozart

Le célébrissime Requiem de Mozart, un chef-d’œuvre universel, est une œuvre entourée de légendes, des mystères qui ont commencé dès après la mort du compositeur. Mais, s’il y a bien un mystère, ce n’est pas celui ou ceux qu’on croit.

Partition Requiem Mozart

Les cinq premières mesures du Lacrimosa dans la « partition de travail » du Requiem de Mozart. En haut à gauche, les parties des cordes de l’introduction, en bas à droite le début de la phrase vocale et du continuo, tous deux de la main de Mozart. En haut à droite, la note de donation d’Eybler pour « le dernier manuscrit de Mozart » à la k.[aiserliche] [und] k.[önigliche] Hofbibliothek (Bibliothèque de la cour impériale et royale). Au verso de cette feuille, après trois autres mesures, le manuscrit de Mozart s’arrête.

L’une des énigmes, depuis résolue, concernait l’identité du commanditaire. On connaît l’histoire : Mozart reçoit un visiteur qui l’impressionne, un homme en gris, messager d’un patron anonyme, venu lui commander un Requiem pour son maître voulant rendre hommage à son épouse décédée. Et il lui donne une certaine somme pour ce faire. Mozart, dépressif, est, dit-il, perturbé. Il est en effet persuadé que ce messager est un envoyé du ciel qui vient le prévenir de sa mort prochaine, et lui demande d’écrire son propre Requiem. On sait depuis longtemps ce qu’il en est : il s’agit d’un serviteur du comte Walsegg, lui-même musicien, qui avait l’habitude de commander des œuvres à des compositeurs aguerris, puis de les faire jouer en faisant croire à son entourage qu’il en était l’auteur. Cependant, rien ne dit qu’il allait faire de même avec le Requiem qu’il commandait à Mozart, car l’hommage à son épouse était sincère.

Premier mystère résolu, donc. Mozart n’y travailla pas tout de suite, car il devait d’abord achever « La Flûte Enchantée », puis , excusez du peu, un deuxième opéra, « La Clémence de Titus ». Après ce travail acharné, épuisé et malade, il se mit à la composition du Requiem, mais il il mourut avant de l’avoir achevé. Comme son épouse avait grand besoin de l’argent reçu à sa commande, il n’était pas question de le rendre. Il fallait donc, coûte que coûte livrer le Requiem demandé. Elle fit appel à plusieurs musiciens pour achever ce que son mari avait commencé, la plupart refusant cette responsabilité. C’est un certain Süssmayer qui accepta cette mission impossible.

Un deuxième mystère a longtemps prévalu : quelle est la part exacte de Mozart, et qu’est-ce qui revient à Süssmayer ? La musicologie moderne a depuis longtemps répondu à cette question : la première partie est entièrement de Mozart, d’autres parties ont été composées, mais sans l’orchestration. Beaucoup d’autres ont été esquissées, mélodie et basse chiffrée, mais sans la réalisation harmonique. Elles ont donc été complétées par Süssmayer. Celui-ci est entièrement responsable du Sanctus jusqu’à la fin de l’œuvre. Süssmayer était en fait un élève de Salieri, qui, c’est le sujet du film Amadeus, était jaloux de Mozart. Son élève avait aussi secondé Mozart dans la réalisation de certains récitatifs des opéras fraîchement composés. Une sorte d’assistant donc. Mais on le disait médiocre compositeur. D’ailleurs, qu’a-t-il fait d’autre ?

A mon sens, il y a bien un vrai mystère, une question à laquelle il ne peut y avoir de réponse, et dont on ne parle jamais (aucun livre) : comment se fait-il qu’un musicien médiocre ait pu achever l’œuvre de façon à ce que cette composition hybride apparaisse cohérente, et que, hormis certains musicologues, on ne puisse pas distinguer à l’écoute les coutures ? La réponse est invérifiable. Il s’agit donc d’une hypothèse, mais j’en suis convaincu, et elle satisfait mon côté mystique. C’est tout à fait subjectif, pensez donc ce que vous en voulez. Je suis persuadé que Mozart, au-delà de la mort, a inspiré Süssmayer, et que donc, peu importe qu’il n’ait pas pu achever sa dernière œuvre, c’est quand même en quelque sorte lui qui est le compositeur de ce chef-d’oeuvre.

Les interprétations les plus prisées sont celles de Karl Böehm (DG), de Neville Marriner (Decca), deux versions assez classiques, et de Nicolaus Harnoncourt, surtout sa deuxième version.

Lacrimosa de la messe de Requiem en ré mineur (KV. 626), de Wolfgang Amadeus Mozart, par l’Académie et les Chœurs de Saint Martin in the Fields sous la direction de Sir Neville Marriner.

Dominique Lawalrée, OP


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Un groupe d’échange sur les psaumes, pour grandir ensemble

Michel-Ange, La Création d'Adam, fresque, 1511-1512, Chapelle Sixtine, Vatican.

Michel-Ange, La Création d’Adam, fresque, 1511-1512, Chapelle Sixtine, Vatican.

Il y a bientôt un an Danielle Stievenart et Geneviève Linder ( Fraternité Sainte Catherine de Sienne, Bruxelles) mettaient sur pied un groupe d’échange sur les Psaumes, ouvert à tous les chrétiens ,quel que soit leur profil social et leur niveau de connaissance religieuse.

« Notre objectif, explique Geneviève, était de créer un tremplin pour les personnes sortant du parcours Alpha et ne trouvant pas un relai adapté dans leur paroisse« .

Au fil du temps le groupe est devenu une véritable cellule d’Eglise qui s‘est enrichie d’autres participants aux bagages spirituels très divers, formant ainsi un ensemble hétérogène et animé qui se réunit tous les 15 jours pendant juste une heure. Le schéma est simple : la séance est introduite par un morceau de musique intériorisante, puis chacun reçoit le texte illustré du psaume choisi et après lecture, cite un ou plusieurs mots ou versets qui l’ont frappé. Ensuite les commentaires de Noël Quesson (avec Israël, avec Jésus et pour notre temps) sont partagés donnant lieu à des échanges aussi variés que la miséricorde ou la vie dans l’Éternité.

C’est avant tout un ressourcement religieux mais non directif. C’est un moment où l’on peut penser Dieu et sa foi sans devoir suivre le rythme d’un enseignement théologique ou d’une homélie imposée. On y sent la force d’un partage spirituel en groupe limité à 12 personnes , le tout dans la joie et bien-être de se retrouver entre chrétiens qui cheminent ensemble et dans le respect de chacun. L’approche est volontairement enracinée dans l’esprit de liberté dominicaine.

La rencontre se termine par la remise d’un texte de méditation émis par les frères dominicains français ( site « Psaumes dans la ville« ) que chacun emporte pour approfondir la réflexion pendant la semaine, puis par la remise d’un « petit pain spirituel » (extrait biblique) et par une prière commune.

Il est en tout cas frappant de voir comment un approfondissement de la foi peut souder un groupe aussi hétérogène jusqu’à le pousser à faire ensemble une journée de pèlerinage,ce qui pour certains est plus accessible que la messe dominicale.

Tout se passe dans une grande simplicité avec beaucoup de profondeur et de liberté de cheminement personnel.

Saint Dominique n’est pas loin !

Michel Linder, OP


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Le Béguinage laïc de Spiritualité Dominicaine de Bethel

Regard sur une évolution particulière de la vie missionnaire de la Congrégation Missionnaire Dominicaine de Fichermont.

Le Béguinage laïc de Spiritualité Dominicaine de Bethel

Une évolution marquante de la vie missionnaire de la Congrégation Dominicaine Missionnaire de Fichermont, consiste, hormis le Chili où nous avons une sœur très active, en un recentrement de la vie de mission sur le territoire de la Belgique.

Ainsi, outre les sœurs âgées qui continuent avec un certain bonheur à « être missionnaire » au sein même des maisons de retraite où elles vivent, les deux principales communautés de la congrégation se situent aujourd’hui à Bruxelles.

L’une d’elle, Acqua-Viva, proche du site universitaire de Louvain en Woluwe, s’est fixé comme mission communautaire, en plus des missions propres à chaque sœur, d’ouvrir un « collège » où seraient logés un certain nombre d’étudiant(e)s.

L’autre communauté, Bethel, a décidé, suite au chapitre de congrégation de 2010, d’ouvrir ses locaux à une forme de vie semi-communautaire, à la fois très ancienne et tout à fait nouvelle, qu’on nomme béguinage.

Pour mieux situer cette évolution missionnaire de la congrégation, un petit aperçu historique semble nécessaire : en 1920, les moniales dominicaines de Dinant, répondant à un appel venant du Congo belge, acceptèrent de « donner » quelques sœurs pour fonder la congrégation des « Dominicaines Missionnaires de Fichermont ». Cette nouvelle congrégation se destinait à la mission « ad extra » (hors frontières). C’est ainsi que ces sœurs missionnaires développèrent des missions au Congo d’abord et aussi au Chili ensuite.

Cependant, depuis plusieurs années, pour diverses raisons, dont la diminution du nombre de sœurs, la congrégation a décidé de développer plus particulièrement la mission « ad intra » (en Belgique).

Dans cet élan, fin novembre 2000, une communauté de la congrégation s’est installée dans la commune de Saint Josse, au cœur du Bruxelles multiculturel. Cette communauté s’est donné le nom de « Bethel » ou « Maison de Dieu ». Inspirées par la compassion de Saint Dominique pour les hommes de leur temps et particulièrement pour ceux qui vivent « aux frontières », les sœurs de Bethel ont voulu rester témoins de l’Evangile, tant par leur implantation communautaire dans ce quartier multiconvictionnel, qu’à travers leur mission personnelle.

En 2010, le Chapitre de la Congrégation des Dominicaines Missionnaires de Fichermont a pris la décision d’ouvrir aussi la maison de Bethel à une autre forme de vie commune de prière et de solidarité.

Ainsi, en vue de maintenir cette présence missionnaire mais aussi sensible « aux signes des temps », la communauté des sœurs de Bethel s’est ouverte à un type de vie qui leur semblait répondre aux besoins d’aujourd’hui. Elle propose à des personnes vivant seules, plus particulièrement des femmes (célibataires, veuves, séparées…), en recherche de sens, de vivre une communauté de réflexion spirituelle chrétienne, suivant la spiritualité dominicaine. Ces personnes gardent leur autonomie professionnelle et habitent un logement séparé dans le même immeuble. Des moments spécifiques de prière, de réflexion et de convivialité sont partagés dans un esprit de coresponsabilité du projet devenu « Béguinage de spiritualité dominicaine ».

Chaque membre de ce béguinage moderne possède ses ressources propres et porte éventuellement sa mission propre, mais son engagement dans le « Béguinage de spiritualité dominicaine de Bethel » l’amènera à porter également, avec les autres membres, la mission d’accueil que le béguinage s’est fixé : accueil ponctuel ou plus durable de personnes en fragilité momentanée -, discerné ensemble par les sœurs de la communauté et les membres du béguinage.

L’engagement au sein de ce « Béguinage de spiritualité dominicaine » se fait en plusieurs étapes : cela permet à chacun de s’apprivoiser mutuellement et aux nouveaux de prendre la mesure de ce que signifie s’engager à vivre une vie d’autonomie associée à une solidarité et une vie spirituelle commune, inspirées de celle des béguines et de Saint Dominique.

Sœur Myriam

Pour information Sœur Myriam : 0472 54 01 46 ou par mail : mgosseye@hotmail.com


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