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« La chair délivrée » – Maurice Bellet

Maurice Bellet - La Chair délivréeA l’heure des deux synodes sur la famille, Maurice Bellet, psychanaliste, théologien et philosophe, réfléchissait sur les chrétiens et la sexualité. Un ouvrage vient de paraître qui nous en livre sa pensée. Il commence par nous rappeler le malaise, le divorce même, entre les positions de l’Eglise en matière de morale sexuelle et les fidèles. Il fait un parallèle intéressant entre cette crise et la crise de l’exégèse (foi et raison) qui, à la fin du 19e siècle, a duré cinquante ans, jusqu’à la publication de l’Encyclique Divina afflante spiritu de Pie XII (1949). Comme précédemment, on se bloque sur la chose plutôt que sur la relation.

En repartant de l’Écriture, l’auteur nous propose d’aborder la sexualité autrement que par une opposition entre le permis et le défendu. Il déplace l’accent vers la relation entre l’homme et la femme en tant qu’être humain de relation, de parole et de désir. Ce qui est clairement défendu, c’est le meurtre ; et celui-ci n’est pas seulement corporel.

A lire et à relire pour comprendre pleinement la pensée de l’auteur.

160p., chez Bayard, 2015. ISBN 978-2-227-48832-8

Dominique Lawalrée, op


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Témoignage : Servir la vérité dans l’Esprit Saint !

Neuvaine à l’Esprit-Saint, Cathédrale de Namur, samedi 16 mai 2015
Servir la Vérité dans les domaines de la recherche et de l’enseignement universitaires
M. Dominique Lambert, op

Que veux dire servir la Vérité dans les domaines de la recherche et de l’enseignement universitaires aujourd’hui, domaines dans lesquels je suis engagé comme physicien et philosophe des sciences ? Je voudrais pour répondre à cette question vous proposer trois petites pistes de réflexion.

1. Partons tout d’abord des chercheurs qui tentent, jour après jour, de découvrir et de décrypter les contours et le sens des réalités infiniment riches qui forment le monde : le monde de la pensée et des concepts mathématiques, l’univers physique, allant du microcosme (où surgit le boson de notre Prix Nobel belge François Englert) au cosmos tout entier (avec ses 100 milliards de galaxies, pour ce qui est de l’univers observable), ou encore la biosphère avec ces formes extraordinaires du vivant. Des parcelles de vérité se donnent à ces chercheurs, dès lors qu’ils parviennent à rejoindre et à dévoiler ces merveilleuses strates du réel qui structurent la Création et qui révèlent, sur le mode d’indices et de traces, quelque chose de l’Esprit du créateur.

Etre au service de la Vérité c’est pour moi partager aux autres, et en particulier à mes étudiants, ces merveilles du créé, patiemment dégagées, en témoignant dans la foi, lorsque l’occasion se présente, ou lorsqu’on me le demande, comment je peut rapporter ces beautés de la nature et de la pensée à Dieu qui nous les a données, sans mutiler la science mais aussi sans ruiner la transcendance du Créateur. Pour moi, l’Esprit Saint peut animer une vie scientifique et, sans rien changer à la science, peut donner à celle-ci de devenir une occasion originale de contempler et de rendre grâce. Comme le disait Georges Lemaître, ce prêtre ami d’Einstein et père du Big Bang 1 :

Un chrétien ne se comporte pas différemment d’un incroyant lorsqu’il s’agit de marcher, de courir ou de nager. Mais le chercheur chrétien sait que sa foi surnaturalise ses plus hautes comme ses plus infimes activités! Il reste enfant de Dieu lorsqu’il met l’œil à son microscope et, dans sa prière du matin, c’est toute son activité qu’il place sous la protection de son Père des Cieux.

2. Servir la vérité dans l’Esprit Saint, comporte aussi une dimension éthique : celle-ci conduit à refuser, dans son travail ce qui pourrait aller contre la dignité de la personne humaine. Pour moi, il s’agit ici, par de choix très concrets, portant sur les orientations ou les financements des recherches, de refuser des projets qui, à terme, pourraient détruire l’environnement et l’être humain ou les traiter comme de simples objets manipulables à souhait. Servir la vérité c’est croire profondément qu’il existe des moyens de pousser très loin la recherche, sans porter atteinte à la personne et à l’humanité, dans ce qu’elle peut avoir de plus fragile et de plus vulnérable.

Servir la vérité c’est aussi respecter une éthique de la recherche, qui conduit le chercheur, dans son travail patient, travail de construction de preuves, d’observations minutieuses ou d’expérimentations, à s’effacer humblement et par honnêteté, devant une réalité qui le dépasse ou devant la force des arguments de ses collègues qui souvent secouent ou ruinent ses propres idées. Quand elle est vécue comme cela, dans l’Esprit oserai-je dire, la science devient un véritable lieu d’apprentissage au respect de l’autre et une école de paix. Une des devises du CERN, le célèbre accélérateur de particule à Genève, où se côtoient des milliers de chercheurs de convictions et de nationalités très diverses : cette devise est « la science pour la paix » !

Un dernier aspect moral du service de la vérité, c’est aussi la place que l’on donne, au sein de l’université catholique, dans un monde de compétition et de recherche d’excellence à tout prix, aux collègues des pays ou des institutions qui ne disposent pas de tous les moyens dont nous disposons.

3. Servir la vérité dans l’Esprit Saint, c’est enfin rendre raison de sa foi et de l’identité catholique de son école ou de son université. Dans de telles institutions, on ne fait pas une autre science ou on n’enseigne pas des matières différentes, mais on le fait avec la conviction profonde que foi et raison ne s’opposent pas, que la foi ne détruit pas, ne mutile pas ce que la raison trouve, mais bien au contraire que la foi vient donner à la science un surplus de sens, ce sens auquel on aspire, mais qui reste toujours, comme en retrait, si l’on s’arrête aux méthodes et contenus techniques.

Servir la vérité dans une université catholique, c’est, pour moi, avec la grâce de l’Esprit-Saint, pouvoir communiquer aux étudiants et aux collègues, qui souvent ne partagent pas ma foi, mais avec qui je partage mon enthousiasme pour la science, quelque chose de la pertinence déjà profondément humaine de l’enseignement du Christ et de son Eglise et quelque chose du sens profond de la personne humaine et du monde que l’Esprit révèle en nos coeurs et qui y fait naître une profonde espérance et un bonheur profond.

Notes:

  1. G. Lemaître, « La culture catholique et les sciences positives », Actes du VIème Congrès catholique de Malines, vol. 5, Culture intellectuelle et sens chrétien, Bruxelles, VIème Congrès catholique de Malines, 1936, p. 70.

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[Audio] L’amour dans tous ses états

Jean-Michel Longneaux, conférence du 30/11/2013 : "L'amour dans tous ses états"

« L’amour dans tous ses états », captation de la conférence de Jean-Michel Longneaux 1 donnée dans le cadre de la journée de formation en famille dominicaine du 30 novembre 2013 au couvent Fra Angelico de Louvain-la-Neuve.

Notes:

  1. Jean-Michel Longneaux est philosophe, chargé de cours aux Fundp, conseiller en éthique dans le monde de la santé et rédacteur en chef de la revue Ethica Clinica

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[Rencension] Dictionnaire encyclopédique d’éthique chrétienne

Sous la direction de Laurent LEMOINE, Eric GAZIAUX et Denis MÜLLER

Paris, Éditions du Cerf, 2013, 2169 p.

Dictionnaire Encyclopédique d'Éthique ChrétienneCe dictionnaire encyclopédique est un instrument de formation et de travail particulièrement précieux à l’heure présente dans notre société de plus en plus plurielle, en particulier dans le champ éthique et religieux. Théologiens et philosophes, étudiants et chercheurs, hommes et femmes de culture y trouveront largement de quoi alimenter leur réflexion.

Ce dictionnaire œcuménique fait appel à 132 auteurs différents, principalement catholiques et protestants, de différentes compétences (théologiens, philosophes, historiens, sociologiques, etc.), et comporte 231 notices. Les pages de grand format (17 x 22,5 cm) sont présentées sur deux colonnes. Au début du volume, une table situe chacun des auteurs : fonction et rubrique(s) du dictionnaire. À la fin du volume, une table très développée reprend de nombreux thèmes qui ne sont pas traités par une rubrique spécifique, mais pour lesquels il y a un renvoi aux diverses rubriques où le thème est traité, tandis que dans le corps du texte, à la fin de chaque article, il y a renvoi à une série d’autres articles plus ou moins connexes.

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