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Léonard Bernstein (1918-1990) : Chichester Psalms

Chichester Psalms

Léonard Bernstein, Chichester Psalms, Chœur de Radio France sous la direction de Sofi Jeannin.

On parle beaucoup en ce moment de Bernstein : c’est en fait son centième anniversaire. On connaît bien le chef d’orchestre, musicien dans l’âme, qui savait si bien transmettre avec générosité le feeling musical à son public. De très nombreux disques en témoignent, tous réédités. Des enregistrements TV aussi. Un chef charismatique, mais aussi excessif. On connaît un peu le pédagogue : passionné de transmission, on suivait ses présentations d’œuvres, avant de les écouter en concert. Tout cela existe en DVD. Mais que sait-on du compositeur ? On connaît sa musique (géniale) pour la comédie musicale West Side Story, surtout grâce au film, un classique. A part cela ? Que sait-on de ses symphonies ? de ses cantates ? et de sa messe ?

Alors, écoutons une de ses œuvres les plus abordables, Chichester Psalms (1965), un ensemble choral et orchestral (avec voix d’enfant masculine soliste), 6 psaumes en trois parties, composé pour le festival de musique de la cathédrale de Chichester (Angleterre). Il a choisi les psaumes 108 (2 versets), et 100, puis 23 et 2 (4 versets), et enfin 131 et 133 (1 verset). La numérotation est l’hébraïque. L’œuvre dure environ 19 minutes. Cela vaut la peine de l’écouter en lisant une traduction française. Les paroles priment ici sur la musique les accompagnant. La musique est au service du texte, ce qui n’est pas toujours le cas. Bernstein lui-même en a enregistré deux versions : la première peu après la création (Sony), puis une deuxième beaucoup plus tard (DG, préférable).

Léonard Bernstein, Chichester Psalms, I. Psalms 108 & 100 par le New York Philarmonic et les Camerata Singers (John Bogart, alto) sous la direction de Léonard Bernstein chez CBS Record.

Dominique Lawalrée, op


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Igor STRAVINSKY (1882 – 1971) : Symphonie de Psaumes (1930)

Igor Stravinsky

C’est après avoir composé Oedipus Rex (1927), Apollon Musagète (1928) et le Capriccio pour piano et orchestre (1929) que Igor Stravinsky composa la Symphonie de Psaumes.  Il désirait rendre gloire à Dieu pour une grâce obtenue lors de sa dernière tournée de concerts.  Terminée le 15 aoüt 1930 à Nice, où il habitait alors, la dédicace de la partition est : “Cette symphonie composée à la gloire de Dieu est dédiée au Boston Symphony Orchestra”.  C’est en effet pour fêter les 50 ans de l’orchestre que Serge Koussevitski, alors chef du célèbre orchestre, commanda une oeuvre à Stravinski, un compositeur dont la gloire était mondiale.  Il commanda d’ailleurs aussi d’autres œuvres à d’autres compositeurs.  La première mondiale eut lieu le 13 décembre à Bruxelles (au Palais des Beaux-Arts de Horta, alors tout nouveau) sous la direction d’Ernest Ansermet.  La Symphonie de Psaumes (et non pas des) comprend trois mouvements.  Les Psaumes (en latin) choisis sont : le 38 pour le premier mouvement (2 versets), le 39 (3 versets) pour le deuxième, et le 150 au complet pour le troisième.  Le texte est celui de la Vulgate.  La Lobgesang Symphony de Mendelssohn en est un antécédent, elle qui répondait à la symphonie avec choeurs de Beethoven, la fameuse neuvième.

Le premier mouvement est très court (les proportions des trois mouvements sont : un tiers, deux tiers, trois tiers). Le chant est une psalmodie sur deux notes (Mi et Fa, donc très rapprochées). Comme pour toute la musique de Stravinsky, la mise en place rythmique est absolument impeccable, et c’est donc rythmiquement qu’il faut l’écouter. Les petites sections se succèdent comme autant de diapositives sur un carrousel. Les deux pianos y sont prédominants. “Entends ma prière, Seigneur écoute mon cri”.

Le deuxième mouvement débute par une fugue entre les hautbois et les flûtes, après quoi les chœurs entrent en une autre fugue : “D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur. Il s’est penché vers moi pour entendre mon cri”. Adversaire du sentimentalisme, la musique de Stravinsky est très austère, mais sa grandeur spirituelle en sort renforcée. Rappelons qu’à cette époque, Stravinsky venait de retrouver la foi orthodoxe de son enfance. Plus tard, il se convertira au catholicisme. L’austérité de son instrumentation se marque surtout par une utilisation presqu’exclusive des vents. D’ailleurs, les cordes ne sont présentes que par les violoncelles et les contrebasses. Pas de violons donc, ni d’altos.

Ce sont les vents qui ouvrent le troisième mouvement, avec le célèbre psaume 150 : “Louez Dieu en son temple saint”. Ensuite, la musique s’anime et plusieurs sections se succèdent, ponctuées par des arrêts sur “Alleluia”. La fin de la symphonie est absolument saisissante. Une des plus belles fins que je connaisse. La musique débouche en effet sur quatre notes répétées à l’infini, comme si on était projeté dans l’éternité. Musique statique exprimant l’extase, hors du temps. Une petite coda rappelle plusieurs passages antérieurs. C’est grandiose ! Quelle musique ! Cette symphonie est un des nombreux chefs-d’oeuvres de Stravinsky, sans doute le plus grand compositeur du 20è siècle. Elle est aussi un des chefs-d’œuvres de toute la musique sacrée. Ecoutez-la par Boulez (DG), par Herreweghe (Pentatone), par Neeme Järvi (Chandos) ou par Berstein (Sony, un peu lent mais avec beaucoup de ferveur).

Igor Stravinsky, Symphonie de Psaumes, Psaume 38 (versets 13 & 14), par The English Bach Festival Chorus & The London Symphony Orchestra sous la direction de Léonard Bernstein 1965/77 chez CBS Record.

Dominique Lawalrée, o.p.


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Un groupe d’échange sur les psaumes, pour grandir ensemble

Michel-Ange, La Création d'Adam, fresque, 1511-1512, Chapelle Sixtine, Vatican.

Michel-Ange, La Création d’Adam, fresque, 1511-1512, Chapelle Sixtine, Vatican.

Il y a bientôt un an Danielle Stievenart et Geneviève Linder ( Fraternité Sainte Catherine de Sienne, Bruxelles) mettaient sur pied un groupe d’échange sur les Psaumes, ouvert à tous les chrétiens ,quel que soit leur profil social et leur niveau de connaissance religieuse.

« Notre objectif, explique Geneviève, était de créer un tremplin pour les personnes sortant du parcours Alpha et ne trouvant pas un relai adapté dans leur paroisse« .

Au fil du temps le groupe est devenu une véritable cellule d’Eglise qui s‘est enrichie d’autres participants aux bagages spirituels très divers, formant ainsi un ensemble hétérogène et animé qui se réunit tous les 15 jours pendant juste une heure. Le schéma est simple : la séance est introduite par un morceau de musique intériorisante, puis chacun reçoit le texte illustré du psaume choisi et après lecture, cite un ou plusieurs mots ou versets qui l’ont frappé. Ensuite les commentaires de Noël Quesson (avec Israël, avec Jésus et pour notre temps) sont partagés donnant lieu à des échanges aussi variés que la miséricorde ou la vie dans l’Éternité.

C’est avant tout un ressourcement religieux mais non directif. C’est un moment où l’on peut penser Dieu et sa foi sans devoir suivre le rythme d’un enseignement théologique ou d’une homélie imposée. On y sent la force d’un partage spirituel en groupe limité à 12 personnes , le tout dans la joie et bien-être de se retrouver entre chrétiens qui cheminent ensemble et dans le respect de chacun. L’approche est volontairement enracinée dans l’esprit de liberté dominicaine.

La rencontre se termine par la remise d’un texte de méditation émis par les frères dominicains français ( site « Psaumes dans la ville« ) que chacun emporte pour approfondir la réflexion pendant la semaine, puis par la remise d’un « petit pain spirituel » (extrait biblique) et par une prière commune.

Il est en tout cas frappant de voir comment un approfondissement de la foi peut souder un groupe aussi hétérogène jusqu’à le pousser à faire ensemble une journée de pèlerinage,ce qui pour certains est plus accessible que la messe dominicale.

Tout se passe dans une grande simplicité avec beaucoup de profondeur et de liberté de cheminement personnel.

Saint Dominique n’est pas loin !

Michel Linder, OP


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