« Une morale souple mais non sans boussole… »

Alain THOMASSET et Jean-Miguel GARRIGUES, Une morale souple mais non sans boussole. Répondre aux doutes des quatre cardinaux à propos d’Amoris laetitia, Paris, Cerf, 2017, 170 p.

Analyse critique du frère Ignace Berten.

Couverture de Une morale souple mais non sans boussoleLe 19 septembre 2016, quatre cardinaux, – W. Brandmüller, R. Burke, C. Caffara et J. Meisner, – adressent au pape une lettre suite à la publication d’Amoris laetitia. Ils formulent cinq doutes (dubia), formulés sous forme de questions. Leur démarche est destinée, selon leur déclaration, à lever les doutes quant à l’interprétation de cette Lettre apostolique et à dissiper ses ambiguïtés, afin d’en confirmer l’orthodoxie. Pour ce faire, ils demandent au pape de répondre par oui ou par non à chacune des questions qu’ils soulèvent. Ces questions peuvent se résumer ainsi : l’enseignement de François dans Amoris laetitia confirme-t-il oui ou non l’enseignement de Jean-Paul II concernant la vérité de la foi, tel qu’il est exprimé dans son encyclique Veritatis splendor ? François maintient-il 1° qu’il y a des normes morales absolues auxquelles, quelles que soient les circonstances, on ne peut moralement déroger, en particulier en ce qui concerne les préceptes négatifs (typiquement : tu ne tueras pas, tu ne mentiras pas) ; 2° qu’il y a des actes intrinsèquement mauvais qui sont par eux-mêmes de l’ordre du péché grave et ne peuvent jamais avoir une légitimation morale ; 3° que la conscience n’a en aucune circonstance le droit de faire exception à ces normes absolues ou d’autoriser un acte intrinsèquement mauvais. Dans l’esprit de cette lettre, si François répond oui à ces doutes, il se met en contradiction avec ce qu’il déclare par ailleurs quant à l’interprétation à donner à Amoris laetitia (entre autres la lettre qu’il a envoyée aux évêques de la région de Buenos Aires, qui ouvre à certaines conditions l’accès à la communion pour les personnes divorcées et remariées). S’il répond non, il se place en contradiction avec Jean-Paul II et avec « la Sainte Écriture et la Tradition de l’Église », et donc il est hérétique. Quelle que soit l’intention de ces cardinaux, leur lettre est un piège, tout comme, dans l’Évangile, la question posée à Jésus concernant l’impôt dû à César […]

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